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Le dépit démocratique Imprimer Envoyer
Mardi, 30 Mars 2010 00:00
Un électeur sur deux ne s'est pas rendu aux urnes lors du 1er tour des élections régionales ; un taux dépassant nettement celui du précédent scrutin de 2004. Dans le Val d’Oise précisément, le taux d’abstention aux premier et deuxième tours s’est élevé, respectivement, à 59% et 55%. Le département du Val d’Oise a, en effet, été l’un des plus touchés par l’abstention.

La défiance des citoyens vis-à-vis de la politique, qui s'exprime régulièrement dans les suffrages, doit être prise plus au sérieux que ne semblent le faire les partis politiques.

Rappelons que les élections européennes de 2009 ont enregistré un record d'abstention. Près de 60%. Dans un tout récent rapport, Jean-Paul Delevoye, médiateur de la République, évoquait une société française « fatiguée psychiquement » en rupture avec son administration. Selon le premier baromètre de la confiance politique du Cevipof réalisé en décembre 2009, 67% des Français n'ont confiance « ni dans le droite ni dans la gauche pour gouverner le pays ». Près de 80% pensent que les responsables politiques ne se préoccupent pas d'eux. Leur confiance dans les institutions locales n'a pas suffit à les mobiliser.

On peut certainement estimer comme non négligeables plusieurs facteurs que l’on pourrait désigner comme possiblement responsables de cette abstention record. Tous partis confondus, le manque de concertation avec la société civile, l’absence de confrontation politique, les promesses non-tenues, le manque d’idéologie politique renforcent le problème de la citoyenneté active.

D’autre part, notons que les élections régionales sont complexes et mal expliquées, sans compter la difficulté qu’y ajoutent les réformes possibles des collectivités territoriales qui restent obscures pour bon nombre de personnes. Le manque de lisibilité des conséquences d’un vote régional sur la vie de tous les jours a nécessairement tenu un rôle crucial dans le désintérêt électoral.

Enfin, en ce qui concerne le Val d’Oise tout particulièrement, la campagne polarisée sur des petites phrases et sur des dénonciations touchant à la vie privée des candidats a pris le pas sur la mise au clair des programmes des partis. Ce qui n’a su que renforcer le sentiment ressenti par beaucoup que la politique n’a que trop peu d’incidence sur la vie quotidienne.

La Ligue de l'enseignement souligne la gravité de cette situation. Certes, la citoyenneté ne se limite pas au vote et la France est riche d'initiatives collectives, certes une part de l'abstention doit être entendue comme une forme d'expression politique, mais nous ne devrions pas nous habituer à l'idée qu'une part non négligeable de nos concitoyens ne juge plus utile d'aller voter. Nous appelons donc le gouvernement à renouer avec une politique d'incitation au vote et les corps intermédiaires à examiner sérieusement les conditions d'un renouveau civique dans notre pays.

Mise à jour le Mercredi, 26 Janvier 2011 14:23