| Le débat sur le port du voile intégral |
|
|
| Mardi, 11 Mai 2010 00:00 |
|
Le débat sur le port du voile intégral dans les lieux publics et son interdiction prennent une dimension détestable. A la provocation des uns répond la surenchère des autres, comme le démontre, de façon caricaturale, l'épisode qui vient de se dérouler à Nantes.
Affirmer son opposition ferme au port du voile islamique et condamner résolument ce qu'il représente, de soumission pour les femmes qui le portent et de méconnaissance des principes républicains pour ceux qui s'en font les propagandistes, n'interdit pas d'être attentif et lucide.
L'on aurait pu croire que les mises en garde formulées par le Conseil d'Etat dans son rapport, adopté le 25 mars 2010, ou celles du Commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de l'Europe, exprimées le 8 mars 2010 à l'occasion de la journée internationale des femmes, inciteraient le Président de la République et son gouvernement à une sage prudence.
Tel n'est pas le cas. Le choix de soumettre au Parlement un projet de loi interdisant le port du voile intégral dans tous les lieux publics, démontre, s'il en était besoin, la volonté du pouvoir de passer outre au danger évident d'inconstitutionnalité ou d'inconventionnalité.
Les raisons tactiques d'une telle prise de risque sont connues : la récupération du vote de l'extrême droite xénophobe. Ses conséquences n'en sont pas moins évidentes. A l'héroïsation recherchée des islamistes radicaux, répondra, une fois encore, la stigmatisation, aux yeux de l'opinion, de l'immense majorité de la communauté musulmane, qui partage les valeurs républicaines.
Au-delà, la démarche législative annoncée, une nouvelle fois construite autour d'une logique d'interdiction, s'inscrit dans une stratégie résolue de remise en cause des libertés publiques.
La Ligue de l'enseignement considère, ainsi qu'elle a eu l'occasion de le dire devant la mission d'information parlementaire présidée par André Gérin, qu'il vaut mieux convaincre que contraindre, en s'interrogeant, par ailleurs, sur une mise en œuvre adaptée des solutions que le droit positif offre déjà.
Edito de la newsletter de la Ligue de l'enseignement du 28 avril 2010
|
| Mise à jour le Mercredi, 26 Janvier 2011 14:22 |









