Les « service civique »

Chacun fait comme il peut ! Et à tous les étages de la fusée sociale : les dirigeants associatifs, les bénéficiaires d’animations gelées jusqu’au déconfinement et les volontaires en service civique. Nous avons joint quelques-uns de ceux que la Ligue 95 accueille. En majorité étudiants, ils voient leur année de fac chamboulée et regardent arriver l’été avec plus ou moins d’inquiétude. La plupart gardent le contact avec l’association pour laquelle ils travaillent et ses adhérents.

Leur agilité numérique les rend aptes à gérer le site internet ou les réseaux sociaux de leur structure. Ainsi, Safiatou, pour l’association de jeunesse Moina, passe des appels vidéo pour rester en contact avec les jeunes et voir comme ils se portent. On leur demande aussi de nous envoyer des petites vidéos pour les tenir en haleine. Comme le confirme Adeline, sa tutrice, nos missions se prolongent en format numérique, de façon à garder le lien, en perspective de l’an prochain.

À l’ACS Cormeilles, le président de la section foot se félicite que Mickaël, en service civique, puisse continuer à animer le compte Facebook et gérer la mise en ligne des informations du club. Comme il a l’habitude des ados, il fait le lien, les aide un peu dans leur quotidien, ajoute le dirigeant sportif.

À Pontoise, Sport cœur accueille 4 jeunes en service civique. Ils continuent à porter nos valeurs d’entraide, d’engagement, de solidarité, en aidant leur entourage, dans la mesure de leurs possibilités, explique le président Yacine. Mais Rana, par exemple, qui devait développer le sport féminin au sein de l’association, avoue ressentir le manque du foot. J’étais aussi coach à Garges, mais la saison est finie…

Tant Amine qu’Elyadine, en service civique à l’association foot indoor d’Argenteuil, arrivent à garder le contact avec les jeunes sportifs en herbe de cette structure. Je leur donne de petits exercices à faire sur Snapchat, explique le premier. J’envoie comme je peux aux petits des vidéos que je trouve intéressantes sur YouTube.

Du côté de l’institut Charles-Perrault, Dominique Christophe, la trésorière, a poussé ses deux jeunes engagées à rejoindre la réserve civique nationale. La plateforme gouvernementale vise à croiser les offres de personnes volontaires pour rendre de menus services – garde d’enfants, aide alimentaire, lien avec les personnes fragiles, soutien scolaire à distance, solidarité sous des formes diverses et variées – avec les demandes identifiées par des collectivités ou des associations. Mais la bonne volonté ne suffit pas, apparemment. Une fois inscrite, Laleh a relevé trois missions dans sa ville, toutes les trois prises par d’autres volontaires. Il y en avait d’autres dans des communes voisines, mais je n’ai pas de voiture. Alors, je suis allée voir sur la plateforme Solidarité numérique. Je n’ai pas réussi non plus : y aurait-il trop de volontaires ?

Quant à sa « collègue » Éléonore, à part deux missions, réalisées en début de confinement, elle n’a pas plus de chance. Mais, note-t-elle, j’habite à Saint-Leu, peut-être y a t-il plus de propositions dans les grandes villes ?

Conclusion, il n’est pas si aisé de passer d’une mission d’intérêt général encadrée dans une association, avec un tuteur, pour 6 à 12 mois à une mission du type de celles que propose la plateforme d’État. Finalement, c’est donc bien d’abord avec leur structure d’accueil que ces jeunes continuent à œuvrer.

À noter, les services civiques de la Ligue de l’enseignement ont ouvert un serveur dédié sur le service de messagerie instantanée Discord

Pour en savoir plus sur les jeunes volontaires dans la crise.

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