Pauvre Martin

Confinés que nous sommes, l’heure est à l’expression libre, aux billets d’humeur, aux dessins d’humour, aux longs poèmes ou aux petits haïkus, aux montages et aux détournements. C’est ce que propose ici Gérard Detilleux, administrateur de la Ligue 95. Alors, à vos claviers !

Sous les bravos

(j’implore le pardon de Georges Brassens pour avoir copié son Pauvre Martin [Hirsch])

Avec un poids sur les épaules,

Avec, dans le cœur, leur serment,

Avec, dans le cœur, un serrement,

Avec, à l’âme, un grand courage,

Ils s’en viennent soigner les gens,

Pauvre Médecin, pauvre Infirmière,

Crise sanitaire, foutu printemps !

Pour épargner nombre de vies,

De l’aurore jusqu’au couchant,

Avec un naturel touchant,

Ils tirent un trait sur leurs horaires

Loin de chez eux, de leurs enfants !

Pauvre Médecin, pauvre Infirmière,

Crise délétère, d’un autre temps !

Sans laisser voir, sur leur visage,

Toute l’amertume accumulée,

Toutes les couleuvres avalées,

Ils oublient le mépris d’avant,

Toujours patients, toujours soignant,

Pauvre Médecin, pauvre Infirmière,

Crise budgétaire, règne de l’argent !

Pauvre hôpital au fond de l’ornière,

Hier déjà, usant de raccrocs,

Maintenant héros sous les bravos,

Pas sûr qu’un concert de casseroles

Soit mieux compris que les banderoles…

Pauvre Médecin, pauvre Infirmière,

Crise planétaire, monde inquiétant !

Combien de métiers comme les vôtres,

Alors que tant d’autres se vautrent…

Combien de services à l’asphyxie,

Quand à l’envi le riche s’enrichit…

Mais promis c’est la der des ders !

Pauvre Médecin, pauvre Infirmière,

Crise salutaire, faut bien qu’j’espère !

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