Les bons légumes du cru

Se saisissant de l’engouement pour les jardins, redoublé depuis le 1er confinement au printemps dernier, le ministère de l’agriculture vient de lancer un appel à projets pour développer les jardins partagés ou collectifs à télécharger ici. C’est « l’accès à une alimentation locale, fraîche, saine et d’un coût abordable, dans les zones urbaines et périurbaines » qui motive l’initiative gouvernementale. Il s’agit de « soutenir les jardins partagés et collectifs, existants ou à créer ».
Sur l’enveloppe nationale de 17 millions, 390 000 euros sont réservés au Val-d’Oise, pour financer du matériel, mais aussi des prestations. Les projets associatifs retenus seront financés jusqu’à 80%.
À titre illustratif, petit tour dans les jardins familiaux des coteaux de Cergy, gérés par l’association éponyme. La santé de l’AJFCC http://ajfcc.org se mesure à la longue liste d’attente pour décrocher la location d’une des 64 parcelles d’une centaine de m2 chacune. Pour la modique somme de 108 € par an, les heureux élus, forcément habitants de Cergy-Pontoise, disposent d’un petit jardin dans un cadre unique, avec accès gratuit à l’eau. En contrepartie, ils doivent 4 h par an à l’association, pour entretenir les allées et autres parties communes.
La diversité culturelle et générationnelle des jardiniers et jardinières de l’association reflète celle de l’agglomération, comme l’explique la présidente de l’AJFCC, Isabelle Rihouey. Suivons André Souppaya, Vietnamien, qui est l’un d’entre eux.

Herbes aromatiques et légumes grimpants

Avec sa petite serre, ses bacs à compost, sa réserve d’eau de pluie, notre jardinier optimise à fond son potager. Grâce à une savante rotation de ses carrés, les légumes, semés avec ses propres graines produisent en permanence. La terre est traitée avec douceur, depuis la fabrication d’un terreau riche et léger jusqu’au paillage des plates-bandes en hiver, pour empêcher le tassement d’hiver, ce qui permet d’éviter de la retourner.
« La 1ère chose, c’est d’aimer », explique A. Souppaya aux novices qui ne savent pas par quoi commencer, « et de respecter la nature », ajoute-t-il. Ici, tout trouve sa place, même les « mauvaises » herbes et la faune dite nuisible. Les grosses racines, comme les carottes, n’ont rien à craindre des taupes. Et les petites sont protégées par une ligne de grillage fin, enfoncée profondément dans le sol.
Ainsi fait-il se côtoyer avec bonheur la ciboule, la coriandre, le basilic thaï, la menthe, la moutarde, toutes herbes aromatiques qui parfument avec tant de délicatesse la cuisine vietnamienne. « J’ai une petite parcelle, mais je double la surface avec les plantes grimpantes ». Là encore, on est à la mode orientale, avec force de luffas, concombres amers et autres cucurbitacées.
Peut-être un jour nous fera-t-il goûter sa merveilleuse cuisine, dressée dans de magnifiques compositions, pour l’instant réservée à la famille et aux amis ? En attendant, on peut toujours bénéficier de profitables échanges de pratiques entre jardiniers, une raison d’être essentielle de ces jardins partagés, explique la présidente de l’AJFCC.

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