Service national universel : opportunité ou piège ?

Septembre, à Pontoise, marquait le lancement d’une nouvelle étape pour le SNU. En effet, le Val-d’Oise (voir notre newsletter de juillet dernier) fait partie des 13 départements de préfiguration du service national universel. À ce titre, était initiée ce jour-là la phase 2 du dispositif. 119 jeunes de 16 ans ou sortant de seconde, sur les 2074 touchés sur toute la France, ont déjà été accueillis à Pontoise en juin dernier, pour une phase 1 de «cohésion».

Pour ses concepteurs, le SNU a pour objectif de transmettre un socle républicain, de renforcer la cohésion nationale, de favoriser l’engagement et d’accompagner l’insertion des jeunes.

Piloté par la préfecture, plus spécifiquement par la direction départementale de la cohésion sociale, il mobilise un certain nombre de partenaires dont la Ligue 95, agréée par délégation de la sa confédération nationale (Convention SNU-Ligue). Aujourd’hui, se prépare la phase 2 dite «mission d’intérêt général», devant s’accomplir en 12 jours, fractionnables, avant la fin de l’année scolaire. Cette mission d’intérêt général doit s’accomplir au sein d’un service public, d’une collectivité territoriale, d’un corps en uniforme ou d’une association du Val-d’Oise, a défini l’État.

 

Complexe et coûteux

Sport, défense, santé, sécurité, solidarité, environnement, éducation, culture sont les thèmes plébiscités par les jeunes pour accomplir leur mission, apprend-on par la préfecture.

Encore faut-il trouver des structures d’accueil statutairement éligibles, en adéquation avec ces choix et au statut ad hoc.

Plusieurs autres difficultés ont été relevées, entre autres par la Ligue 95 dans les comités de pilotage. La plateforme nationale recense les propositions de missions d’intérêt général, classifiées par thématiques plutôt que de s’attacher à agréer les structures d’accueil. L’État se prive alors de relais efficaces pour identifier les offres fantaisistes, dérives sectaires, militaristes ou autre.

Côté assurance, il s’avère complexe de garantir une couverture complète de ces jeunes, mineurs pour la plupart. Enfin, les questions budgétaires ne sont pas encore toutes réglées. Les grands réseaux associatifs ne manquent pas de souligner que ce sont leurs salariés, formés à l’animation, qu’ils mobilisent, et non des bénévoles…

À terme, en 2022, le SNU devrait toucher la moitié de la classe d’âge cible des 16-25 ans, soit 400 000 jeunes, pour un budget de 700 millions d’euros, hors frais de transport. Il comprend aussi une phase 3 dite «d’engagement», facultative, correspondant au service civique, soit trois mois minimum.

 

On peut regretter que ni l’Éducation nationale d’un côté, ni les associations d’éducation populaire de l’autre, piliers du travail d’émancipation et de responsabilisation que le Gouvernement appelle de ses vœux, n’aient été désignés comme les premiers pilotes d’un programme si ambitieux…

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